Les autres travaux consistent à aider Gunther à remplir des remorques de remblais et toujours ces fichus chardons... Dimanche soir nous rentrons sur Christchurch et je commence sérieusement à me
chercher un van alors que les allemands cherchent deux mules pour les accompagner ! Finalement, leur plan mule tombe à l'eau et nous cherchons tous un van...
Nous avons vu 8 vans, dont 6 en une journée. J'espère avoir fait le bon choix. La semaine se déroule bien, nous faisons un peu de plantation et les hollandais nous quittent pour faire un tour sur
la côte ouest et dans les fjords du sud. Nous allons à la représentation de l'école du cirque local, visitons Christchurch, surtout le jardin botanique, et allons faire un tour à la fête de
l'école de Gunther. Un stand a très interessé les allemands : les vêtements d'occasion. Ils sont ressortis avec un plein sac plastique pour seulement 5 $ (soit 2,5 €).
Le dimanche venu, nous partons pour Purau où nous attend un bon job : peindre le container en vert foncé !! Nous travaillons sans les fameux chocolate breaks, du coup, le travail est plus
rapidement achevé ! Le soir venu, c'est pizza party, je suis chargé de garnir et de faire cuire les pizzas dans le four au feu de bois.
Assez difficile, mais je ne m'en sors pas trop mal. Après ce petit repas, Gunther veut faire le tour de la propriété et vérifier que tout va bien. Mais ça va mal : un des deux réservoirs de
3000L d'eau fuit et ça risque d'endomager la base de l'autre réservoir. Il a donc fallu improviser un canal en tôle pour diriger l'eau vers la colline. On est rentrés à Hume Street à
23h.
10 novembre 2006
Le week-end suivant fut consacré à la finition d'une clôture. Nous avons dû vérifier avec Markus tous les piquets et bien sûr sur une forte pente... J'avais préalablement coupé l'herbe avec la
débroussailleuse, mais se trimbaler un gros marteau et des rouleaux de grillage ne fut pas une mince affaire.
15 novembre 2006
Durant la semaine, nous avons extrait le miel des ruches, que de miel ! Et que d'enthousiasme pour faire ce travail vraiment "sticky"...
16 novembre 2006
Je quitte Hume Street en compagnie de Markus et Ira. Nous prenons un dernier repas au bord de l'océan tous les trois et nos routes se séparent... Mais peut-être pas pour toujours !
Je remonte vers le nord, en direction de Picton, et donc du ferry qui me fera traverser le détroit entre l'île du sud et l'île du nord. Je suis la principale route et décide de m'arrêter à
Motunau Beach pour passer la nuit. Je trouve un super emplacement... interdit aux campings-cars bien sûr!! Je prends ma carte et décide de remonter un peu vers le nord, à Nape Nape. Et là,
grosse surprise : la route principale n'est plus une route gourdronnée, mais un chemin en graviers ! Parfois, des moutons ou des vaches ont élu domicile au milieu de la route... on ne roule
donc pas très vite et il faut pas mal de temps pour faire quelques kilomètres.
J'arrive donc à Nape Nape, la piste longe la mer et je trouve un endroit plat pour poser mon van. Et je passe ma première nuit dans mon van !!! Tout se passe bien, le seul problème arrive vers
7h du matin quand un couple abruti décide de planter sa caravane à 10 m de mon van, en toute discrétion bien sûr...
17 novembre 2006
Je repars vers 10h, direction Picton. La route se rétrécit : sur certains ponts, il n'y a qu'une seule voie... J'arrive sur Picton après un bref arrêt à Kaikoura. J'appelle le fermier (qui me
fait faux bond) et cherche de nouveaux hôtes chez qui aller. J'en essaie plusieurs et Paul, un forestier, veut bien m'accueillir pour quelques jours. Je dors donc à Waikawa sous un orage
battant et repars le lendemain matin.
18 novembre 2006
Paul m'accueille chez lui, une belle maison en bois qu'il a faite lui-même, avec vue sur le Marlborough Sound : vraiment extraordinaire ! Malheureusement, après le gros orage de la nuit passée,
l'eau du lac est un peu marron.
Chez Paul, je suis hébergé dans une petite cabane dans les arbres, modeste, mais pratique et sympa. Il a 25 ha de terrain avec son frère qui vit aussi sur la propriété. Ils ont la propriété
depuis 22 ans et ont planté beaucoup d'arbres. Aujourd'hui, ils gèrent cette forêt, en font l'exploitation, font scier leur bois, délignent les bois et revendent les produits. Tout cela leur
suffit pour vivre... C'est vrai, ici l'accroissement est énorme (un eucalyptus de 22 ans fait 60 centimètres de diamètre) et ils n'ont planté que des espèces précieuses (cyprès, blackwood,
merisier, mélèze, tulipier et un peu d'eucalyptus) ! En plus de ça, Paul est conseiller auprès de propriétaires privés et conseiller en paysages.
(Vue de ma petite cabane dans les arbres sur le Marlborough Sound)
Les travaux que j'ai à effectuer sont variés : fendre du bois, tondre la pelouse, élaguer les arbres... Tout ce que je fais tourne autour de la forêt. Mais je ne me sens pas très bien dans
cette maison, Paul a divorcé et il a des vraies manies de vieux garçon !! On dirait qu'il veut garder sa maison neuve. Il faut faire attention à tout... Heureusement, son frère habite juste à
côté et vient d'avoir un mini bébé (15 jours), sa femme est suisse et est adorable. C'est une artiste : elle crée des bijoux et fait un peu de peinture.
J'ai également eu une longue discussion avec Paul sur la vision que les néo-zélandais ont des français... Ce n'est pas fameux ! On serait "pressés" ! Et si un kiwi vient en France et essaie de
parler, les frogs ne veulent pas attendre et faire l'effort de comprendre. De plus, l'histoire du Rainbow Warrior est elle aussi encore bien ancrée dans les mémoires. Le gouvernement français
ne s'est pas excusé est s'est comporté comme un terroriste... je comprends donc mieux ce sentiment anti-français que les kiwis ont à notre égard !
23 novembre 2006
Je quitte Paul après avoir pris contact avec mes prochains wwoof-hosts : ce sera dans l'île du nord, à Otaki, chez Gary et Emilie, un couple bio à 95 % !! Je fais la traversée grâce au ferry,
un énorme bateau où s'engouffrent plein de voitures et de camions. C'est le seul lien entre les deux îles ! A bord, il y a tout pour passer le temps : un restaurant, un pub, et surtout de
nombreuses passerelles pour profiter des magnifiques paysages.
Sur le ferry, je goûte pour la première fois les traditionnels "fish and chips" (j'apprendrai plus tard que ce plat n'est pas très bon sur les bateaux...). Je débarque donc sur Wellington trois
heures après mon départ, mais le temps est plus que maussade : il y a beaucoup de pluie et de vent ! Je crois alors que le plus dur est fait : grosse erreur ! Je dois affronter les
embouteillages de fin de journée sur Wellington, c'est horrible. Mais j'arrive à Otaki à 19h comme convenu.
La maison est enfoncée dans la campagne, à environ deux kilomètres de la route. Il faut emprunter une route gravilonnée tout en faisant attention aux cochons qui se baladent et surtout à Abbey,
le chien de berger qui adore aboyer après les voitures. Mais voici la vue que nous avons depuis la maison :
Je découvre un nouvel univers avec Gary et Emilie, deux personnes très intéressantes. Gary est ingénieur hydrologue et Emilie professeur de "bio" et a eu une formation horticole. Ils vivent sur
une propriété de 50 ha avec 9 vaches, 10 moutons, des poules, 4 canards, 6 cochons, 2 chats, 1 chien et plein de lapins sauvages !!! La maison est jolie, elle est branchée sur panneaux
solaires. Ils sont donc "bio", mais pas fermés, et comprennent tout à fait que tous les fermiers ne peuvent pas appliquer l'agriculture biologique. Bien sûr, le potager est bien fourni et les
animaux sont élevés pour la viande. Ils ne sont donc pas végétariens !
Mes tâches consistent à entretenir la propriété, fendre un peu de bois, faire de l'élaguage, et m'occuper des animaux... surtout des cochons ! Il y a un mâle et deux laies qui ont eu des petits
cochons il y a 2 mois. Gary et Emilie ont vendu beaucoup de porcelets, maintenant il n'en reste plus que trois. Mais il faut les séparer de leur mère qui doit reprendre des forces : quel
challenge ! Le plan est simple : mettre les porcelets avec le père, les poules et les canards dans le verger. Simple mais pas si facile en réalité... car les porcelets s'évadent à 4 reprises en
faisant un trou dans le grillage. Il faut ensuite les appâter avec du chocolat pour les remettre dans l'enclos (sans la mère bien sûr). Toute une aventure ! Au bout de la quatrième fois nous
mettons en place une clôture électrique, la réaction des porcelets est immédiate : courage, fuyons !!! Nous avons gagné !
Gary a aussi construit une piscine naturelle avec un beau système de filtration et des galets au fond. Nous nettoyons la piscine qui doit être prête à l'emploi pour Claire, une des filles de la
maison qui est actuellement en Italie. Morgane, l'autre fille est sur Wellington et cherche du travail.
27 novembre 2006
La météo ici n'est pas fameuse et fait hélas trop souvent partie de notre quotidien. Gary a aussi des forêts plantées en pinus radiata et eucalyptus, il utilise ses vaches pour contrôler la
végétation dans celles-ci. Emilie et Gary sont vraiment des gens très gentils et ouverts sur le monde, je suis très bien intégré et participe à tous les évènements : comme ce concert de musique
country-blues donné un dimanche après-midi...
Emilie est très bonne cuisinière, elle est vraiment la spécialiste des gateaux en tous genres. Un ami leur a donné plein de pamplemousses et Emilie nous régale donc de gateaux au pamplemousse
!! Et le mélange pamplemousse frais - glace à la vanille est aussi retenu pour résorber le stock de pamplemousses...
Gary m'explique également plein de techniques pour produire du courant électrique, c'est très intéressant et écologique. Ces systèmes nécessitent cependant d'être dans une région avec du vent.
Il y a aussi les panneaux solaires et la cuisinière à bois pour chauffer l'eau domestique.
C'est très compliqué, mais Gary est ingénieur donc il maîtrise la question ! C'est dommage qu'il soit si loin, j'aimerais bien faire appel à lui si on a besoin de faire des travaux dans
notre maison, idem pour la piscine naturelle ! Très intéressant, pas de produits chimiques, l'eau est juste filtrée par du sable, des plantes et des galets. Il faut aussi ajouter
l'oxygénation assurée par des blocs de ciment de forme bizarre. C'est très joli et le bruit est très agréable car il y a environ dix blocs les uns à la suite des autres. Gary récupère aussi
l'eau de pluie, comme dans beaucoup d'endroits en NZ, et l'utilise pour faire la vaisselle, douche, lessive... Pour boire, il y a un autre robinet dont l'eau provient directement de la
source.
Bien sûr, les journées sont ponctuées par les inévitables pauses - thé, c'est incroyable tout le thé que je peux boire ! On voit là les traces de l'ancienne domination anglaise...
4 décembre 2006
Je quitte Gary et Emilie pour Norsewood où m'attendent Rose et Lucy. Rose est une dame extremement rigolote et complètement désorganisée !! Elle est adorable et héberge Lucy qui est
tchèque. Toutes deux travaillent dans la ferme voisine, elles ont 500 vaches à traire et à nourrir... donc beaucoup de travail !
Rose a une petite ferme mais ne peut malheureusement pas en vivre. Sa maison est un ancien stockage pour la laine, c'est un peu le chantier chez elle ! La maison est à l'image de Rose
: bordélique à souhait... La météo n'est pas terrible non plus, mais je me sens tellement bien ici !
Les jours passent mais ne ressemblent pas... Je donne un coup de main à Murry, l'ami de Rose, qui possède 500 taureaux dans sa ferme, c'est assez folklorique car les taureaux se battent entre
eux régulièrement !
20 décembre 2006
Déjà deux semaines et demie et que je suis ici, le climat ne s'arrange pas ! Il pleut pas mal, d'ailleurs même dans mon lit... Et avec le vent qu'il fait, on croirait le mistral qui souffle à
Avignon.
Nous sommes maintenant quatre jeunes chez Rose, c'est très sympa. Je suis de toutes les aventures avec Murry, j'ai même eu la chance de visiter un chantier forestier, mais ce n'est pas comme
en France : ils utilisent des bulldozers, pelles mécaniques, câbles mats, un autre monde quoi... J'ai aussi accompagné Rose et Murry dans une randonnée sur un site magnifique comprenant :
traversées de rivières, marches sur les crêtes, paysages magnifiques et une nuit dans un refuge.
La Nouvelle-Zélande est vraiment un pays de sports extérieurs : les refuges sont très bien équipés et on en trouve beaucoup. Plus le temps passe et plus je me demande si je ne resterais pas
un peu plus ici (à condition que mon Anne-Lyse me rejoigne bien sûr !). D'après ce que j'ai entendu dire, il y a du travail en forêt. Malheureusement, pour conduire un engin, il faut une
licence qui coûte 200 dollars et que je n'ai pas envie de payer si je n'ai pas de travail derrière.
Anne-Lyse vient me rejoindre pour les fêtes de Noël, elle arrive dans quelques jours. Mais deux semaines, ça va être court !
23 décembre 2006
Rose organise une petite "party" pour mon départ. Toutes ses connaissances sont invitées, nous passons une excellente soirée autour du barbecue. Même Ben (le chien) s'est mis à la Tui (bière
néo-zélandaise) !
Puis je remonte vers Auckland pour retrouver mon Anne-Lyse...!!!
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